Quand on est rédactrice et photographe spécialisée dans le tourisme, les occasions de visiter des hôtels somptueux ou de séjourner dans des endroits de rêve sont fréquentes. Et dans l’escalade au « toujours plus, toujours mieux », les groupes hôteliers se livrent une guerre sans merci pour accumuler les superlatifs et séduire une clientèle toujours plus exigeante. Cette année j’ai eu l’occasion de passer quelques nuits dans des hôtels d’exception, et il est bien difficile de dresser une classification puisqu’elle sera forcément influencée par mes goûts personnels. Et puisqu’il serait intéressant de savoir ce qui permet de dresser un top 10 des meilleurs hôtels du monde, je vous donne rendez-vous immédiatement sur le blog Un Monde Ailleurs pour y répondre.
En octobre 2009 au cours de mon voyage en Chine j’ai séjourné dans ce que je considère être aujourd’hui l’hôtel qui offre les plus belles chambres du monde. Si belles que j’en suis restée littéralement bouche bée, et pourtant j’avais passé dix jours cette année dans une somptueuse villa sur lagon du Halaveli Resort aux Maldives dont je vous ai déjà parlé ici. Cet hôtel d’exception, c’est le Banyan Tree à Ringha, situé entre Yunnan et Tibet, en Chine.
Banyan Tree est un groupe hôtelier d’origine thaïlandaise qui propose 26 hôtels et resorts dans 23 pays, essentiellement en Asie et dans l’océan indien : Thaïlande, Maldives, Chine, Seychelles, Bali, et bientôt Mexique, Bahrain, Vietnam et Indonésie, chaque hôtel est une perle offerte aux plus exigeants. En Chine j’ai résidé dans deux des hôtels Banyan Tree et chacun mérite un superlatif au panthéon de mes préférences : dans le premier, situé à Lijiang au Yunnan, je me suis exclamée au petit déjeuner : « j’aimerais passer quinze jours ici pour écrire mon prochain livre« , c’est dire la sérénité qu’il s’en dégage. Dans le second, à Ringha, j’ai juste émis un « waouh » sidéré en pénétrant sous le lourd rideau qui couvre l’épaisse porte en bois donnant accès à ma chambre… « standard ».
Le vrai luxe réside-t-il dans cette expression : « standard » alors qu’on touche ici au pays des merveilles ? Ironie ou astuce marketing visant à séduire les plus inconditionnels du « simple » ?… Rien n’est « standard » dans cette chambre !
Ringha n’est indiqué sur aucune carte et il faut avoir une motivation très particulière pour venir séjourner au pied des premiers contreforts du Tibet : au cours d’une halte sur le chemin de Lhassa en venant d’une ville de Chine, en transitant par Kunming la capitale du Yunnan avant d’atterrir à Shangri-La, ou simplement attiré par le degré de sophistication et la décoration très intimiste des hôtels de la chaîne Banyan Tree.
L’hôtel fut construit là suite à un coup de foudre de l’un des fondateurs du groupe Banyan Tree : cherchant une retraite paisible pour se ressourcer en famille, il acheta une maison pour y passer le plus de temps possible. Et là, à 3 200 mètres d’altitude entre ciel et terre, bercé par la culture tibétaine profondément enracinée dans ces vallées qui se parent de mille couleurs en juin lors de la floraison de plantes qui n’existent plus ailleurs, il eut envie de partager ces paysages d’exception et surtout la sérénité intense qui en émane. Trois ans plus tard, en 2005, le Banyan Tree Ringha était né, niché entre six villages tibétains.
Ce n’est qu’en descendant de voiture que vous prendrez conscience qu’après avoir admiré les méandres du Yang-Tsé et les gorges bouillonnantes du Saut du Tigre, après avoir contemplé les cîmes des montagnes du Dragon de Jade, ce n’est qu’après l’accueil chaleureux du personnel en costume local et quelques gorgées d’un thé au gingembre qui réveillerait un yack moribond, qu’on vous mènera devant la porte de votre chambre. Quelques bâtiments ressemblant aux fermes environnantes, une cour intérieure (privée) offrant une vue superbe sur la rivière qui court entre les champs aux herbes rousses marquant la fin de l’été, une volée de marches abruptes, et vous voici chez vous.
Chez vous ?… que dis-je !… Que le lecteur qui possède une chambre de 200 m2 sur deux niveaux lève le doigt !
En fin de journée, passant de la lumière la plus vive à l’obscurité douillette d’un intérieur de bois sombre conforme aux habitats tibétains, je n’ai pu m’empêcher de m’exclamer en pénétrant dans l’immense pièce qui sert de chambre. Une exclamation mêlant surprise et ravissement devant l’aménagement et la décoration soignée de cette pièce mais aussi de désappointement en prenant conscience immédiatement qu’en quelques nuits je n’aurais pas le temps de profiter de tout ! Fidèle à mes habitudes, j’ai suivi attentivement la visite guidée qui m’était proposée par le charmant jeune homme aux cheveux brillants, mais telle une enfant j’avais du mal à suivre ses démonstrations puisque je m’attardais immanquablement sur le dernier détail qu’il venait de me présenter : à peine avait-il expliqué le fonctionnement de l’installation stéréo qu’il partait présentait déjà celui de la climatisation (indispensable pour contrer les – 25° qui peuvent sévir en hiver !) ou celui d’Internet (qui fonctionne parfaitement !). Et après m’être extasiée sur le grand lit et la délicatesse des coussins ornés de broderies locales, après avoir imaginé dormir dans cette alcôve protégée des regards par un immense rideau de lourd velours ras, je me suis laissée entraînée au rez-de-chaussée pour découvrir… une salle de massage pour deux (!), un dressing qui doit faire la taille de ma cuisine, et la plus belle salle de bains que j’aie jamais vue dans un hôtel !
Nous les femmes sommes particulièrement sensibles à ces lieux extrêmement privés qui doivent être beaux pour nous aider à nous faire belles. Ici, pas de marbre ni de transparence : tout est « cosy », fonctionnel mais solide, confortable mais surtout chaleureux. Tandis que la température extérieure ne dépassait pas les 14° ce jour-là et que je suis particulièrement frileuse (l’effet « tropicalisé » après trois ans de vie dans les îles de l’océan indien), je trépignais tandis que mon charmant jeune homme ajustait la température de la climatisation de la pièce, qu’il désignait les sèche-serviettes électriques et les trousses de toilette offertes aux hôtes : pour les messieurs un kit spécial avec rasoir et autres bricoles qui ne m’ont guère fascinée, pour les dames un autre kit avec une brosse à cheveux au manche de bois, un stick pour les lèvres (bio), et autres détails qui rendent la vie plus douce aux voyageuses soucieuses du poids de leurs bagages. Ce qui focalisait mon attention, c’était cette superbe baignoire centrale façon « tub », en bois doré et assez grande pour deux !… Autre plaisir : deux lampes astucieusement placées dans le plafond au sortir du bain, des lampes séchantes qui procurent une douce chaleur tandis que vous vous emmitoufler dans une moelleuse sortie de bain. Et après le bain, plongez dans une non moins confortable robe de chambre tibétaine pour remonter vous allonger sur l’un des lits de repos et déguster un thé noir ou, plus léger, un thé vert au jasmin.
J’ai filmé une séquence vidéo de cet hôtel exceptionnel en Chine, je vous reparlerai donc prochainement du Banyan Tree Ringha puisqu’il y a beaucoup à raconter tant sur l’environnement exceptionnel de cet hôtel qu’au sujet des hommes qui le gèrent et qui contribuent à lui donner ce supplément d’âme qui manque parfois aux plus grands établissements. A ce propos laissez-moi présenter ici et tout de suite celui qui m’a reçue avec tant de courtoisie et tant de gentillesse : Luhu Winarno est Indonésien de naissance et hôte de coeur. Directeur du Banyan Tree Ringha il gère de main de maître cet hôtel de luxe qui fait partie du réseau des Small Luxury Hotels tout en insufflant au personnel cette petite touche de savoir-faire qu’ils conjuguent avec un sourire et une discrétion naturelle faisant de votre séjour un moment inoubliable.
Je vous le dis, si vous cherchez une étape de charme sur le chemin de Lhassa, passez par Ringha pour y vivre des heures douces. Galante compagnie préférable (vous vous sentirez moins seul au paradis !).
J’ai aimé : le paysage unique, les multiples détails raffinés qui contribuent à donner l’impression que vous êtes « chez vous », la rapidité de réaction du personnel face à un dysfonctionnement (petit problème de climatisation résolu en moins de cinq minutes après réclamation), la carte du restaurant (testez le barbecue tibétain !), les activités proposées par l’hôtel, le contact qui se crée obligatoirement entre résidents et habitants, l’introduction à la culture tibétaine, l’aspect douillet et accueillant partout dans l’hôtel et spécialement dans les chambres, le nombre réduit de chambres qui favorise l’intimité et permet aussi les conversations entre clients.
J’ai moins apprécié : la décoration des cabines du spa de l’hôtel qui ne sont pas du tout à la hauteur de celle du reste de l’hôtel. Soins attentifs mais décoration froide et presque impersonnelle, à revoir !
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Bonjour, les photos donnent envie et j’ai lu ce que vous avez écrit sur votre voyage en Chine sur votre blog. Je suis donc impatiente de voir les videos de cet hotel… Je veux aller au Tibet mais je ne savais pas qu’on peut passer par cet endroit pour y aller. Merci pour cette info!
Ah cette fois je n’ai pas attendu de voir ton article sur ta page Facebook pour le lire avant tout le monde, pratique d’etre abonné à ton blog mais n’oublie pas de nous parler aussi de tes hotels aux Etats Unis parce que je dois partir bientôt en Floride et j’aimerais lire tes conseils. Merci
Magnifique…Lecture fraiche du début a la fin. Et par dessus tout, ça donne envie. Bonne Continuation Marie-Ange.
Coucou tropical de l’ile Maurice et des Seychelles.
Bonjour.
Voici un boulot et des images qui font bien réver.
Hop, je m’abonne à ton blog également.
Bonjour, magnifique cet endroit ça pourrait plaire a ma douce moitié. J’attends donc la video promise pour mieux me rendre compte. Ce blog est tres utile puisqu’il est différent des autres, alors merci pour vos précieux conseils.
Sophie T > Tous les chemins mènent à Rome, comme chacun sait, mais je suis certaine de repasser un jour par Shangri-La et le Banyan Tree Ringha lorsque je me rendrais à Lhassa : un vol par semaine, le vendredi, mène de Shangri-La à Lhassa. Et cette étape sur le chemin du Tibet assure un palier de transition entre la Chine et cette province très traditionnelle.
Bruno > J’ai testé quelques hôtels en Floride mais pas du niveau de ceux dont je souhaite parler ici, désolée. Par contre je recommande malgré tout la chaîne Ritz-Carlton pour une garantie de grand confort, et notamment au niveau de la literie vraiment exceptionnelle. Et merci de t’être abonné à ce blog Bruno, cela me motive à écrire davantage quand je sais que des lecteurs patientent…
Miss K > Rien à voir avec les hôtels mauriciens ou seychellois bien sûr, l’ambiance même est différente du fait de la localisation. Mais la Chine est une « grande » destination à découvrir, même si je reste amoureuse de « mes » îles de l’océan indien comme tu le sais…
Kaay > Merci Kaay, et bienvenue sur les pages de Meilleurs Hôtels du Monde ! Un « boulot qui fait rêver », certes et je ne me plains pas, mais un boulot tout de même (que j’adore même s’il demande beaucoup d’énergie aussi !).
Rem92i > Bonjour et bienvenue sur Meilleurs Hôtels du Monde… La vidéo est en ligne depuis quelques jours, j’espère qu’elle t’aura plu et incité à en découvrir davantage. Je me découvre un goût pour la vidéo et j’espère en montrer davantage sur tous les hôtels que je vais découvrir prochainement.