Voici enfin venu l’été et avec lui le temps de goûter aux hôtels, aux maisons d’hôtes, en bref aux hébergements de toutes catégories. Sur Meilleurs Hôtels du Monde je vais vous emmener au fil des semaines par-delà les fuseaux horaires en vous donnant rendez-vous chaque fois dans un lieu distinct, sous des cieux différents. Aujourd’hui faisons escale à moins de trois heures d’avion de Paris, avec seulement une heure de décalage horaire, sous le soleil de la Grèce : à l’hôtel The Romanos, inauguré en mai 2010.
Séjourner dans un hôtel de luxe nouvellement implanté en Grèce au moment-même où le pays connaît l’une de ses plus graves crises économiques était un pari qu’il fallait tenter, pour aider à ma façon. J’ai donc accepté de me rendre dans l’un des endroits les moins explorés de la Grèce méridionale, pour tester l’hôtel de luxe The Romanos et découvrir la région de Messinia, sur la côte Ouest du Péloponnèse.
321 chambres et suites, sur un domaine hôtelier qui en compte 766 au total. Le nombre peut en effrayer certains, d’autres se sentiront rassurés. La première impression en entrant dans le domaine de Costa Navarino est agréable, avec le sentiment d’entrer en zone privée, à l’abri des regards. Il faut montrer patte blanche, des employées souriantes vérifient la présence de votre nom sur leur liste de résidents puis vous indiquent le chemin d’accès au Romanos, situé juste derrière l’autre hôtel de Costa Navarino, un Westin inauguré trois jours plus tôt !
Détail d’importance, l’hôtel The Romanos a déjà rejoint The Luxury Collection Hotels & Resorts, un ensemble de plus de 70 hôtels aussi raffinés que le Danieli à Venise, le SLS de Beverly Hills, Le Prince de Galles à Paris, et l’hôtel Alfonso XIII de Séville déjà présenté sur Meilleurs Hôtels du Monde.
Le domaine de Navarino Dunes est immense (130 hectares d’une première phase de développement qui en compte quatre sur l’ensemble de Costa Navarino), embelli par la présence d’un golf 18 trous flambant neuf et par des plantations d’oliviers et d’arbres fruitiers. Pas de ces arbres souffreteux dont on soupçonne qu’ils ne tiendront pas la saison, non ! Des oliviers exhibant les troncs noueux d’arbres parfois centenaires ou davantage : 16 000 oliviers et plus de 8 000 fruitiers (agrumes) ont été déplacés puis replantés sur le domaine au cours de la construction des deux hôtels…

Le hall somptueux du Romanos, un espace ouvert aux fils d’Eole, est vêtu de blanc et cerné de colonnes et de voilages qui frémissent sous la moindre brise. C’est à peine si vous entendez le discours d’accueil du préposé puisque votre regard vous entraîne déjà par-delà les fauteuils et divans élégants, vers l’horizon qui épouse la mer Ionienne : l’expérience peut commencer…
Raconter une halte au Romanos prendrait quelques jours tant il y a à faire, à découvrir. Je garderai donc pour l’instant le récit détaillé de mon soin au spa Anazoé (vous le lirez dans quelques jours), pour me concentrer sur l’hôtel en lui-même.
Les bâtiments abritant les chambres et suites sont construits en arc-de-cercle autour de l’immense piscine centrale qui accueille aussi un bar auquel vous pourrez vous accouder le temps de siroter un cocktail en restant au frais dans l’eau. Je suis logée dans une Infinity Room, l’une des 121 suites bénéficiant d’une piscine privée à débordement, en rez-de-chaussée, et je prends le temps de goûter mon plaisir : décorée de blanc et de bois sombre en teintes dominantes, quelques touches de bleu royal et de vert olive confirment d’emblée la destination et ce ne sont pas les produits de bains signés Anazoé qui le démentiront : shampooing, après-shampooing, gel douche et lait pour le corps ont été créés spécialement pour le domaine sur la foi de tablettes antiques retrouvées non loin de là dans le palais de Nestor, mettant en valeur les ingrédients issus de l’olivier.
Connexion wifi (ou câble) et accès Internet possible également via le large écran plat de télévision, mini-bar et coffre-fort, ouverture et fermeture électrique des voilages et rideaux occultants, gestion de la lumière centralisée et climatisation simple d’utilisation, tous ces éléments appréciables passent soudain au second plan lorsque je découvre l’élément-phare de cette chambre : ma piscine privée de 23 m2 sur 1,12m de hauteur d’un bout à l’autre. Et comme le ferait n’importe quel autre client de l’hôtel après avoir passé quelques heures en avion et en voiture, je repousse le moment de vider le contenu de ma valise pour entrer dans l’eau fraîche sous le soleil déclinant de cette fin d’après-midi…
Je ne sais encore que très peu de choses sur cet hôtel, j’ai pourtant entendu quelques propos mêlant l’histoire personnelle d’un moussaillon natif de la région ayant réussi à la force du poignet et celle d’une région en jachère qu’il voulait mettre en valeur tout en protégeant l’environnement. Une histoire grecque, digne des contes et légendes de la mythologie. Tout en faisant quelques brasses j’écoute le rire d’un enfant qui s’ébroue une vingtaine de mètres plus loin, sous l’oeil vigilant d’une mère qui me salue d’un signe de tête. Nous savons elle et moi que le bonheur de son petit sera lié ici aux attentions portées aux familles qui affluent déjà depuis l’inauguration, et à cette eau omni-présente tant sur le domaine que sur les bords de la plage au sable roux.
Accoudée au rebord de la piscine je laisse mon regard errer vers les terrasses des deux restaurants qui se préparent à accueillir les premiers affamés. Parce que les activités sont nombreuses ici, et parce que la table y est soignée et généreuse. Je n’ai pas encore décidé si je participerai à l’inauguration du nouveau restaurant typiquement dinner américain ce soir ou si je privilégierai la cuisine grecque du Eléo’n. D’ailleurs j’ignore encore que je serai demain matin surprise par l’abondance du buffet au petit déjeuner.
Pour l’heure je rêve juste d’un cocktail, de cet instant qui précède la sérénité d’un dîner que l’on devine déjà réussi. Et je respire les douces effluves de thym et de marjolaine plantés alentours qui me laissent présumer des saveurs proposées ici.
C’est le gentil sourire d’un grand brun en chemise blanche passant à quelques mètres de là qui me sort de ma rêverie ; l’hôtel s’enorgueillit aussi de 70 % d’employés locaux et au Romanos comme partout dans le Péloponnèse je constaterai la qualité de l’accueil et le sourire spontané des Grecs à l’égard des touristes.
En sortant de la piscine je happe une figue fraîche sur l’assiette déposée à mon attention sur la terrasse et je m’enveloppe dans une sortie de bain en éponge dénichée dans la salle de bains moderne ouverte sur la chambre par un système astucieux de panneaux coulissants. Si j’entends le murmure de conversations étouffées alentours je devine déjà que je vais passer une nuit divine entre les draps de coton peigné. Et j’ai rendez-vous demain pour un massage au spa dont on parle ici avec un sourire quasi mystérieux. Bien sûr, je vous raconterai.
Mais demain est un autre jour…
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J’ai aimé : le sourire et la presque timidité du personnel originaire pour 70 % de la région et donc parfois en formation, on a envie de les encourager. Le décor moderne, fonctionnel, mais pourtant apaisant des chambres. La taille de la piscine privée qui permet de faire une dizaine de vraies brasses. La gestion électrique des voilages et rideaux et la centralisation des points de lumière dans la chambre. La simplicité du fonctionnement de la climatisation de chaque chambre. Les produits frais et les portions généreuses des assiettes au restaurant Eléo’n. Le souci de l’écologie qui n’est pas ici un vain concept marketing. La région, douce et jolie, principal exportateur dans le monde de ces olives violettes et délicieuses (Kalamata). Enfin en résidant au Romanos vous bénéficiez d’un accès libre à tous les services du domaine dans sa totalité, y compris ceux offerts par l’hôtel Westin à quelques pas (aqua-park pour les enfants, restaurants, bibliothèque,…).
J’ai moins apprécié : la taille de l’hôtel qui laisse tout de même entendre que nous sommes au sein du groupe Starwood, géant de l’hôtellerie internationale, 321 chambres au Romanos + 445 au Westin juste à côté. Si vous êtes en phase « vacances avec enfants » vous trouverez au Romanos le luxe et les prestations de qualité que vous aimez tout en faisant plaisir à vos enfants qui sont plus que bienvenus (avec un Kid’s Club particulièrement convaincant qui conjugue loisirs et éducation, dès 8 mois !). Les hôtels de luxe destinés aux familles sont plutôt rares, il faut en profiter. Si vous venez en couple, n’hésitez pas à vous faire accompagner de vos amis : de nombreux espaces de rencontre sont dispersés sur le domaine pour profiter en toute convivialité, mais avec raffinement.







voilà une adresse qui tombe à point nommé !!
et hop, ça recommence, ciel bleu, mer bleue… ☺
Une belle adresse en effet, entre ciel bleu et mer bleue…
Eh oui !
des images comme on aimerait en voir plus souvent, Jean Michel …